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Bonjour à tous et à toutes,

Qui sont les harkis  ?

Extrait des accords d'Evian...


«Nul ne pourra faire l'objet de mesure de police ou de justice, de sanction disciplinaire ou d'une discrimination quelconque en raison d'opinion émise à l'occasion des événements survenus en Algérie, avant le jour du scrutin d'autodétermination, d'actes commis à l'occasion des mêmes événements, avant le jour de la proclamation du cessez-le-feu ».(accords d'Evian, extrait)
 


Qui sont les harkis ?


"Des musulmans fidèles à la France, utilisés par le gouvernement français pour lutter contre les exactions sur les civiles et protéger la république.
Une des premières harkas fut créée en juillet 1956 par, mon père, le Bachaga Saïd Boualam. L'armée lui délivra, non sans lui demander une quantité d'engagements, une centaine d'armes qui lui servirent à organiser un groupe d'autodéfense…. "

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"Ces musulmans étaient rompus au maniement des armes; il s'agissait d'anciens combattants qui avaient déjà engagé leur vie au service de la France pendant la guerre de 1939-45. Cette troisième force permit à l'armée française de remporter ses plus belles victoires. Pour récompenser cette fidélité, ce dévouement, ce courage, on leur octroyait généreusement '' 8 francs par jour…".(10 Euros environ ou 65 Francs actuels) "…Que sont devenus ces harkis dont le nombre s'élevait à 250 000 au moment de l'indépendance de l'Algérie? Nous pouvons dire avec certitude ce qu'il est advenu des 25 000 à 30 000 qui furent rapatriés en France. Pour les 220 000 qui restèrent en Algérie, nous avons le choix entre quelques tristes alternatives: les différentes manières dont ils furent torturés avant d'être massacrés, eux et leurs familles, femmes et enfants, qui subirent le même sort…"Ali Boualam


Le jour de l'indépendance de l'Algérie, ils perdirent leur nationalité française. Après l'indépendance, pour que la République permette à ces Français Musulmans de faire reconnaître leur citoyenneté, ils devaient faire une déclaration soumise à enregistrement payant devant les Tribunaux Civils
1. "Décret n° 62 1475 du 27 novembre 1962 relatif à la procédure de reconnaissance de la nationalité française prévue à l'article 2 de l'ordonnance n° 62825 du 21 juillet 1962".
La formule de la déclaration amenait les Français Musulmans à : " Déclarer vouloir se faire reconnaître la nationalité française ".
La République algérienne se refuse à tenir compte de ce décret et considère que tout Français Musulman faisant retour en Algérie y prend la nationalité algérienne. La protection de la France ne peut donc plus s'exercer sur nos compatriotes qui peuvent être arrêtés en toute quiétude.
 

Quelques exemples


- DOUAR RIDANE . Situé à 15 km au sud-ouest d'Aumale. En juillet, tous les harkis de la région y ont été rassemblés et divisés en équipes. Chaque soir, l'équipe qui avait eu le moins de rendement était exécutée avec les raffinements habituels. Tous les gradés de ces anciennes harkas ont été tués. Un sergent de vingt-trois ans (quatre citations, médaille militaire à titre exceptionnel) est mort d'épuisement après quatre jours de tortures.



- Témoignage de du harki Z…Mohamed (réfugié en métropole) ;
Le lieutenant B….Mouloud (A.L.N.) a fait égorger trois de mes camarades: O… Ali, D… Mohamed, O... Amar. J'ai été caché dans un hôtel tenu par une Européenne. C'est elle qui m'a aidé à me sauver dans la nuit et j'ai rejoint l'armée. Six autres de mes camarades ont été attachés, arrosés d'essence et brûlés vifs en plein centre de Tizi-Ouzou. Des Européens ont voulu nous protéger et nous cacher, mais eux-mêmes ont été menacés de mort si pareille chose se reproduisait.
- B... Tahar, employé à la D.R.S. de Palestro;
Des rebelles en armes et en tenue nous recherchaient et nous emprisonnaient après nous avoir pris nos économies et nos biens et avoir fait subir les pires outrages à nos femmes et nos filles.
Deux de mes camarades, le sergent harki D…….Abderahmane et le moghzani D…. Ali ont eu le nez transpercé par un fil de fer au bout duquel était suspendu un poids de 2 ou 3 kilos. Ils ont été dévêtus et placés dans une salle en plein centre du village. Les rebelles faisaient payer l'entrée à tous ceux qui voulaient les voir et leur administrer quelques coups de canne. Des centaines de personnes se sont livrées à ce jeu et en particulier des femmes. Mes deux camarades n'ont pas pu tenir longtemps. Ils sont morts au bout de cinq ou six heures de ce traitement, mais les gens venaient tout de même les voir et les battaient même morts.
Ma femme et mes trois enfants (garçons de 18, 15 et 13 ans) sont entre les mains des rebelles et je ne sais ce qu'ils sont devenus.
J'ai vu trois de mes camarades égorgés au camp 640 tout près de Palestro. Une vingtaine d'autres, tous anciens harkis ou moghzanis ont été emmenés à Tablat et exécutés.
- Récit du moghzani K... Amar, de la S.A.S. de Lentia, arrondissement de Mila (Constantine).
Le sergent O…. Abdelkader, de la harka de Fdjer M'Sala du 5'" R.I.C., habitant à Lentia, douar Tassaden, était resté dans son village après la dissolution de la S.A.S. Il a été pris vers le , 10 août par des civils encadrés des éléments de l'A.L.N. Il a été conduit sur la place du village, là où était le mât des couleurs.
Il a été " décortiqué" à la tenaille. Il a mis trois jours pour mourir.
Son frère O……. Hocine a subi le même sort. Son père mutilé de guerre, officier de la Légion d'honneur, faisant fonction de garde-champêtre, a subi le même sort.
Dans le même village de Lentia, le sergent A…… Ahmed a été taillé en lambeaux devant sa femme et ses enfants et a agonisé pendant quelques jours devant la porte de sa maison.
Quelques jours après, un autre sergent, nommé Slimani, a été tué à coups de bâton dans les jardins.


 
Les politiques savaient

Note du 23 mars 62 :"Il est proposé aux supplétifs l'engagement ou le rengagement dans l'armée française. Les candidats à l'engagement doivent être célibataires, c'est la plus importante des conditions de cette note: l'écrasante majorité des ayants droit est mariée... ''
Le 29 mars 62, Bernard Tricot, délégué du Haut Commissaire de la République en Algérie, va déterminer le prix de l'abandon.Les supplétifs des SAS doivent être licenciés, une prime de conversion à la vie civile égale à un mois et demi de salaire par année de service effectif leur sera versée; C'est un tout petit peu mieux que le droit aux congés payés.
Le 15 avril, note à un Sous-Préfet ;"l'autorité légale est partout remplacée par une autorité de fait, celle de l'A.L.N. et que les supplétifs licenciés n'ont, pour l'instant, pas d'autre solution que de verser leur prime au F .L.N. pour tenter, sans grand espoir, de se réhabiliter"

". J'ai en conséquence, l'honneur de vous demander de bien vouloir prescrire à tous les Cadres placés sous vos ordres de s'abstenir de toute initiative isolée destinée à provoquer l'installation des Français Musulmans en Métropole. Il vous appartient seulement d'instruire les demandes émanant des personnels demandant à se réfugier en Métropole et de me transmettre vos propositions qui seront présentées au Secrétariat d'Etat aux rapatriés". (le ministre d'état chargé des affaires algériennes à l'attention du colonel inspécteur général des affaires algériennes datée du 12 mai 62 en provenance de Rocher noir.)

" Les renseignements qui me parviennent sur les rapatriements prématurés des supplétifs indiquent l'existence de véritables réseaux tissés sur l'Algérie et la Métropole dont la partie algérienne a souvent pour origine un chef S.A.S.. Je vous renvoie au fur et à mesure la documentation que je reçois à ce sujet. Vous voudrez bien faire rechercher tant dans l'armée que l'administration les promoteurs et les complices de ces entreprises et faire prendre les sanctions appropriées. Les supplétifs débarqués en Métropole en dehors du plan général de rapatriement seront, en principe, renvoyés en Algérie où ils devront rejoindre avant qu'il soit statué sur leur destination définitive le personnel déjà regroupé selon les directives du 7 et Il avril. Je n'ignore pas que ce renvoi peut être interprété par les propagandistes de la sédition comme un refus d'assurer l'avenir de ceux qui nous sont demeurés fidèles, il conviendra donc d'éviter de donner la moindre publicité à cette mesure mais ce qu'il faut surtout obtenir c'est que le Gouvernement ne soit plus amené à prendre une telle décision".
(télégramme officiel N° 125 IGAA du 16 Mai 1962 de Louis Joxe, Ministre d'Etat chargé des Affaires algériennes et destinée à Christian Fouchet :

Instructions adressées au Préfet :" faire preuve du plus grand discernement dans l'évaluation des menaces adressées aux supplétifs"
Note du Général Commandant en Chef : "vérifier que les musulmans rapatriés étaient bien moralement aptes à s'implanter en Métropole."
"Je vous demande de n'accorder asile que dans des cas exceptionnels..." ; " …le Ministre m'a fait savoir que les possibilités d'absorption de la métropole en hiver seraient après les derniers départs prévus largement saturées…"Général de Brébisson, Commandant Supérieur des Forces Armées Françaises en Algérie, (instructions aux Chefs de Corps dès le mois d'août 1962)

La presse savait

"Le Figaro", le 22 mai 62, rend compte du sort réservé par le F.L.N. dans la région de Saïda aux membres du Commando Georges, 23 avril 62. Deux sous-lieutenants musulmans du Commando, Riguet et Ben Didda, avaient été enlevés, traduits devant un tribunal F.L.N. avant d'avoir les yeux crevés, puis d'être bouillis vifs dans des marmites. Dans le même temps, dans le même journal, un éditorial de Serge Bromberger, soutenait que l'évacuation des supplétifs menacés de mort n'était autre qu'une couverture de l'introduction en France des tueurs de l'O.A.S..
- Article intitulé " De l'entraide à l'utilisation des Harkis en Métropole."." …des vengeances ont été exercées…" "…mais en définitive à l'heure actuelle plusieurs centaines et non plusieurs milliers comme il a été dit parfois, de Harkis ont demandé à être envoyés en Métropole… "…pour les mettre au service de 1'O.A.S. …" Jean Planchais "Le Monde édition du 22 mai 62, daté du 23, en première page".
Et plus tard, toujours dans les colonnes du Monde, "…le gouvernement s'efforce d'empêcher que l'installation de Harkis en France ne soit exploitée à des fins politiques.. ".

Les intellectuels savaient :


Combien y avait-il en Algérie de Français musulmans menacés ?

On a pu estimer qu'en 1959, c'était environ deux cent dix mille musulmans qui étaient engagés militairement à nos côtés. Dès janvier 1961, le pouvoir s'emploiera à minorer ce chiffre. A la veille de l'indépendance, au premier janvier 62, ce chiffre était ramené déjà à 160 000, qui comprenait tout à la fois des militaires de carrière (20 000), les harkis, les moghaznis des SAS (qui étaient statutairement 20 000), les G.M.P .R. et il ne faut pas les oublier non plus (les hommes engagés dans les auto-défenses, groupes purement défensifs et faiblement armés, mais qui comptait près de 60 000 personnes.)
Mais les Français musulmans menacés n'étaient pas que des militaires engagés à nos côtés sous des formes différentes, il y avait également les élus, conseillers municipaux, conseillers généraux, députés et sénateurs c'est-à-dire plus de dix mille personnes qui avaient déjà été les victimes toutes désignées de la rébellion dès la mise en place de la réforme communale de 1956. Il fallait y ajouter aussi une partie des vingt mille fonctionnaires.
Combien, abandonnés, ont été massacrés dans les mois qui précédèrent et suivirent l'indépendance de l'Algérie ?
150 000
note N° 002855 du 21Avril 1977. du SHAT du Général PORRET. C'EST LE SEUL ET UNIQUE DOCUMENT CHIFFRE !!!
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C'est beau, c'est grand, c'est généreux la France ! (Général de GAULLE)

"…30 000 harkis (environ), purent échapper aux assassinats et s'installer en France. S'installer, c'est là un bien grand mot, car que trouvèrent à leur arrivée ces combattants dont, pour certains, le départ fut décidé si rapidement qu'ils ne purent emmener avec eux leurs familles?
Des camps! Des camps entourés de barbelés, avec des baraques ouvertes à tout vent, l'année où la France subit un des hivers les plus rigoureux de son Histoire, sans eau, sans chauffage, sans aucune commodité. Des camps provisoires disait-on, qui pour certains existèrent jusque dans les années 80... Saint-Maurice-l'Ardoise, Bias, Rivesaltes, (Jouques), le Larzac!
Ils vivaient là coupés de tout contact avec les populations autochtones; puis on les transféra dans des cités de transit, occupés au débroussaillage, dans des baraquements toujours autant dénués de confort que de possibilité d'insertion dans les milieux avoisinants. C'est pourquoi, ils sont restés " à part ", des marginaux qui ne peuvent s'intégrer à la France d'aujourd'hui, dont les enfants, n'ayant aucune relation avec les petits métropolitains de leur âge, dont ils ne parlent parfois même pas la langue, subissent des retards scolaires qui les pénalisent pour leur vie future. Aujourd'hui, ces jeunes sont touchés par le chômage plus durement que les autres. En outre, ces Français, qui ont droit plus que tout autre à ce titre et à cette qualité, doivent se battre pour se faire reconnaître comme tels. Ils sont souvent confondus, dans le même opprobre, avec les immigrés dont ils ont pourtant à redouter l'organisation et le nombre. A titre d'exemple, en avril 1987, un fils de harki a été lynché à mort sur la plus grande place d'Arles…".
"…Pour que l'insertion totale des harkis dans la population française soit possible, pour qu'ils bénéficient des même droits et possibilités que les Français, pour surtout qu'on ne les confonde pas avec les immigrés, il faut que soit supprimée la double citoyenneté qui les affecte encore et obtenir pour eux la libre circulation en Algérie. Par ailleurs, je dénonce l'infamie de l'accord Mauroy avec le gouvernement algérien qui donne la possibilité à tous les enfants d'immigrés et de harkis de faire leur service national en Algérie, ce qui équivaut à bien affirmer que les harkis ne sont pas français…."
"…Pour des causes exceptionnelles, il faut prendre des mesures exceptionnelles. Les anciens ne demandent qu'à finir leurs jours dans le calme et la tranquillité, mais tous s'inquiètent de l'avenir de leurs enfants. Or, la seule solution qui permettra l'insertion totale des jeunes est celle des emplois réservés dans les administrations et les entreprises nationalisées, comme cela avait été fait pour les sous-officiers après la guerre de 1939-45. Si une telle mesure est prise, le problème peut être définitivement réglé dans les cinq ans. Il faut que le gouvernement et le parlement
aient le courage de prendre unetelle mesure. C'est mon souhait le plus cher que ces fils, dont les pères ont défendu la Patrie, puissent enfin dire: " MON PAYS LA FRANCE ". ALI BOUALEM (1987)

Comme on peut le voir, malgré les années qui passent, quelques célébrations furtives et quelques nominations honorifiques, sont loin d'avoir résolu le problème. Nous pouvons même penser que vu l'absence de courage des autorités successives et le silence des intellectuels étonnamment sourds et aveugles, le chemin sera encore long.
En résumé :
Ce n'est pas gagné.
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